SIMON JACQUIN

Je m’inspire beaucoup de la ville : son énergie, ses hasards, couleurs, architectures me stimulent au quotidien. J’observe la rue, les graffitis, les formes, le bruit du métro, sa violence, sa joie, l’amour du dialogue entre les gens, le désarroi. J’en retiens une sorte de poésie de l’intensité. À cet égard, je suis très influencé par mes voyages : les ambiances, la chaleur, les gens et paysages font partie de ma mémoire visuelle. 

Mes explorations artistiques ont toutes en commun l’expression d’une émotion graphique. En ce sens, mes travaux sont de plus en plus abstraits. Je m’emploie à déstructurer des images communes et à créer des formes graphiques inattendues avec des couleurs qui émeuvent, qui bousculent l’âme. Je recherche le plaisir de la ligne, de la forme contre la forme, je crée des motifs, et applique le principe de répétition aussi bien aux formes qu’aux couleurs ou aux cadres. Les trois couleurs primaires sont récurrentes dans mon travail, je les aime pour leur brutalité, leur immédiateté. Mais elles restent complémentaires du noir qui, je crois, dicte l’énergie du trait, fait vibrer une composition. J’égrène dans mes dessins des mots ou des phrases, qui accompagnent le lecteur ou au contraire crée une objection, un dysfonctionnement. Là où une utilité ou un sens peuvent se perdre, de l’humour ou de la maladresse peuvent surgir. 

Je peins aussi bien sur toile que sur papier, bois, bâches trouvées dans la rue, etc. Cette variété des supports m’est essentielle car elle participe d’une certaine spontanéité, mais aussi car le contact charnel avec la matière nourrit mon travail, m’encourage à modifier rayer barrer effacer gratter couper. Je trouve l’univers sensoriel de mes supports et de mes techniques très stimulant, comme en gravure par exemple, où le toucher du papier, de la matrice en bois, l’odeur de l’encre, la pression de la presse, viennent éprouver mes gestes et ainsi intensifier ma pratique.

EXPOSITIONS

• Payrac (46), 2017
• Urbain par Simon Jacquin, L’Innatendue Galerie (Paris), 2018
• Jungle urbaine, Nuit Blanche Paris, Mairie du 5ème arrondissement (Paris), 2019

Vous pouvez passer voir ses œuvres et discuter avec l’artiste au sein de son atelier au 33 rue Bezout à  Paris 14ème.

Je partage aussi sa passion en animant des ateliers pour Graffiti Paris avec des groupes d’adultes et de jeunes.